Wednesday, June 11, 2008

Mémoire et Gourmandise

Le dernier numéro de Sciences et Vie propose un dossier sur la mémoire et en particulier la mémoire autobiographique. On y explique comment nous sommes assez inégaux face à la précision de nos souvenirs. En gros, il y a ceux dont la mémoire épisodique est performante et sont capables de se rappeler une scène dans les moindres détails et puis ceux qui n'attachent pas, finalement trop d'importance à tout cela et qui par conséquent perdent peu à peu la trace des détails, par défaut d'utilisation en quelque sorte des réseaux cérébraux où sont encodés toutes les précisions. Le plus souvent , il s'agit de gens ayant une très bonne capacité d'imagerie mentale, capables de faire revivre des souvenirs épisodiques anciens très riches en informations. Késaco, une capacité d'imagerie mentale? En fait c'est la facilité que l'on a à créer des images et à penser en image plutôt qu'en terme verbal. Les images fournissant beaucoup plus de détails qu'une phrase par exemple, on comprend que les souvenirs puissent être plus renseignés. Et surtout ces gens-là (les petits veinards!!) ont la capacité de revivre les détails perceptivo-sensoriels, c'est à dire la capacité de se replonger dans le passé avec toutes les sensations, odeurs, humeurs.. Evidemment ça peut se travailler si on a le goût pour cela et que l'on ne craint pas de se replonger dans le temps.
Pourquoi raconter cela, d'une part parce que Béné m'a taguée, une sorte de que
stionnaire sur ce que j'aime, j'aime pas et je vais sûrement y répondre de cette manière. Il me semble que ce que l'on préfère fait forcément appel à un très bon souvenir, une délicieuse sensation. J'y pense, Béné!

D'autre part, c'est le sujet d'un court roman de Muriel Barbery, Une Gourmandise. Cette romancière a publié depuis L'élégance du hérisson, un très grand succès. Je dois reconnaître que l'ayant lu une première fois, je n'ai franchement pas aimé. Je le trouvais trop complaisant et bourré de clichetons dégoûlinants de sensiblerie... Y a des jours on n'est pas prêt pour certains livres..Marie Claire du blog "A bride abattue "me l'a fait redécouvrir, et cette fois-ci plus emballée, j'ai eu envie de lire son premier romaan. L'histoire d'un critique culinaire qui va mourir et cherche dans sa mémoire, l'unique saveur, celle qu'il place au dessus de tout. Il cherche, cherche encore et c'est l'occasion à chaque fois de se remémorer un souvenir culinaire qui s'en rapproche mais, mais... pas tout à fait, pas encore...A chaque fois, il fait se travail de mémoire de retrouver les lieux, l'ambiance, les gens, les sentiments pour s'approcher du Graal. Le plus souvent, il s'agit de souvenirs d'enfance.


Pour cette quête, il nous emmène au Maroc, cela se passe dans la médina. Et il se remémore la viande grillée, la salade Mechouia,le thé à la menthe, la corne de gazelle... Rien qu'à écrire ces mots, je vois le soleil filtrer à travers les moucharabiehs, je sens la chaleur de la théière en argent martelé et l'odeur de cannelle et de miel mélangés. Je fais partie des petits veinards....
Notre critique commence à e
ntrevoir ce qu'il doit chercher même si ce n'est pas ça.
J'ai préparé cette salade grillée, plutôt d'origine tunisienne parce que cela me rappelait les piments grillés préparés par mon père, pas les piments d'ici végétariens ou lampions mais le long piment vert que
l'on trouve au Maghreb.
J'ai modifié les proportions en fonction de ce que j'avais dans mes panie
rs, plus de tomates et quelques piments végétariens, petits mais très présents...


Salade Mechouia
inspirée de Gourmandises de Muriel Barbery
7 tomates
200g de piments végétariens
1oignon
4 gousses d'ail

Sel
Huile d'olive
Une petite boîte de thon
1 oeuf dur
Menthe fraîche

Les ingrédients du roman : 200g de tomates pour 300g de piments ou poivrons verts, 2 oignons blancs, 1 gousse d'ail, thon et oeuf, Sel et huile d'olivre, Carvi et Coriandre



Eplucher l'oignon, le couper en lamelles.
Disposer sur une plaque allant au four, l'oignon émincé, les tomates, les piments et l'ail non épluché.
Mettre à griller.



Eplucher tomates et piments grillés puis les hacher avec l'oignon et ajouter l'ail pilé.
Laisser refroidir.
Au moment de servir , ajouter le thon émietté, l'oeuf coupé en quart de lune, du sel, un filet d'huile d'olive et parfumer à la menthe.
Servir très très frais avec un thé à la menthe brûlant.





En recevant ce roman , était joint à mon paquet un petit recueil des éditions Folio proposant des extraits littéraires et des recettes culinaires, tout à fait dans l'esprit de La petite Madeleine. On y retrouve, entre autres, Genet et un oeuf au plat, Rostand et une tartelettes amandines, Duras et une soupe de pommes de terre.


2 comments:

Tarzile said...

Wow! Beau billet. J'ai lu quelque part que l'enfance est un pays dont on ne revient jamais. Il est vrai que plusieurs souvenirs sont associés aux nourritures d'enfance

Ciorane la pauvresse said...

Wouah ! Comme ils ont l'air hyper fondants ces légumes, j'adore ! Tes photos me donnent trop envie. L'idée d'y ajouter du thon me plaît bien aussi. Bref, cette salade est terrible.
Euh, les piments végétariens, c'est ceux qui ne sont pas à base de viande ???

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