Tuesday, February 1, 2011

Topi Tambo

J'ai quelque peu tardé à cuisiner mes topi-pays. Depuis l'Oregon jusqu'à Trinidad, il m'a fallu mener une enquête serrée pour découvrir, en fait de quoi il s'agissait.

Topi Tambo, Sweet Corn Root, Topinambour-Pays ou bien encore Leren chez les hispanophones. Ce sont tous les noms que peut prendre ce petit tubercule en fonction des contrées. Contrées qui restent circonscrites au bassin caribbéen et continent sud-américain.
En Martinique, la culture est assez confidentielle. Cela, je m'en doutais. Après 15 ans , c'est bien la première fois que je rencontrais ce légume. A cela deux raisons : Il est cultivé sur des petites surfaces et son cycle est très long, supérieur à un an. La marchande me l'avait dit que ça ne poussait pas tout le temps. Je n'ai pas trouvé d'argument pour expliquer l'absence de culture à grande échelle. J'ai bien ma petite idée. Le topi-pays est de la famille des Calathéa.
Ce sont des plantes herbacées ornementales aux feuilles immenses et panachées. Le genre de plante qui prend un max de place...pour fournir un tout petit rhizome dans le cas de Calathea Allouia (C'est son nom de science au topi....). C'est peut-être une raison. En Amérique du Sud où il y a un peu plus de place, il semblerait qu'il soit plus fréquent. Je ne parle pas l'espagnol. Je n'ai pas pu consulter la littérature.
Que dire d'autre. On conseillait de le faire cuire à l'eau sans le peler. Les trinidadiens apprécient sa saveur de maïs en salade. Sa texture reste ferme mais pas sèche. Certains le comparaient aux "water chestnuts" présents en Asie.

Je me suis dit que sautés dans la graisse de canard, ça ne devrait pas être mal.
Je les ai bien frottés, nettoyés avant de les faire cuire à l'eau bouillante salée. On m'avait dit 30mn mais au bout de ce temps, c'était toujours aussi dur et presqu' aussi ferme, 1h après. J'ai pensé faire des pâtes.... avant de décider d'arrêter la cuisson, de les éplucher(assez galère) et de les faire sauter dans la graisse de canard avec quelques pousses d'épinards. J'ai mouillé avec un peu de bouillon de légumes. De la même manière que je cuis les navets.

Le navet, ça c'est bon!!!!
C'est vrai que cela sentait le maïs, ce qui est assez curieux car on n'en retrouve pas le goût. C'était plutôt fade sans être déplaisant. La texture était agréable, dense sans être bourrative.
Une expérience à coup sûr. Inoubliable?... Je ne pense pas.

Avec tout ça, je ne connais toujours pas le goût d'un topinambour de là-bas.

5 comments:

A.P. said...

Ça ressemble à un litchi, ça sent le maïs... Tout ça pour lui tout seul ?! Et si je comprends bien, on n'est pas prêt de les voir ici alors tu as bien fait de nous les faire découvrir ! En parlant de topinambour, je parlais avec une femme de 75ans passés l'autre jour, et elle m'a dit "vous vous rendez compte ? ils vendent à nouveau des topinambours ! et à des prix incroyables ! Ça devrait être interdit de remettre ça sur le marché !" (ref. guerre 39-45).

Bises !

Marielle said...

Ta curiosité a été satisfaite, c'est super. En plus c'était mangeable, surtout avec ce bon canard ;o)
Mais si j'ai bien compris tu n'y reviendras pas deux fois.

Cuisine Framboise said...

A.P, J'imagine en effet qu'en temps de crise, les vieilles gens doivent l'avoir mauvaise.
Marielle, je dirais que c'est plus que mangeable mais d'une part je ne suis pas fana de l'odeur de maïs et d'autre part, on ne peut pas dire que ce soit rentable. Long à cuire, ch...à éplucher pour un goût assez insignifiant. Pour se nourrir il y a les bananes, les fruits à pain je pense que ça explique la discrétion qui l'entoure.

Hélène said...

Le magret de canard arrive jusqu'en Martinique ? Il doit te coûter un bras. Il est curieux ce légume racine.

Cuisine Framboise said...

Hélène, on peut trouver de l'excellent très très cher mais également du plus ordinaire en supermarché. En Janvier, c'est toujours une aubaine car en général il y a braderie des invendus des fêtes. Les boîtes de confit en particulier.

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