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Wednesday, November 26, 2008

Marmite de pêcheurs pour régatiers

Quand un samedi soir, vous réunissez autour d'une table, une bande de régatiers entre deux manches de Championnat, vous avez intérêt à aimer la voile et faire des pâtes. Vous les imaginez affamés sûrement, un peu fatigués et peut-être frigorifiés ... (Oui se prendre des paquets de mer tout l'après-midi, ça refroidit, même ici!)
Dans ces cas là, rien ne vaut un bon petit plat en cocotte...une potée ou une blanquette... J'hésitais, tentée par les deux recettes tout aussi séduisantes de mon livre préféré du moment Tendacayou. Tu vois Louise, je pense qu'il fera partie des trois livres...
Je me régale de cette cuisine métissée d'ici et là-bas où le poisson est roi.
Je me suis décidée pour la blanquette parce que sa sauce crémeuse irait finalement assez bien avec les pâtes.


Blanquette de Marlin aux patates douces
(La recette originale se fait avec de la dorade qu'on ne trouve pas en ce moment)
Pour 8
1,6 kg de chair de Marlin coupée en morceaux
2 oignons
3 gousses d'ail
3 c à soupe d'huile de pépins de raisin
Thym
1 bouquet de Persil plat
6 grains de poivre noir
3 poireaux
4 patates douces
3 navets
6 cives
1 bouteille de cidre brut
250 ml de vin blanc sec
200g de champignons blancs
20 g de beurre
5 maracudjas
30cl de crème fraîche
3 jaunes d'oeufs
Sel, Poivre
Chauffer l'huile dans une cocotte et faire revenir l'ail écrasé avec les oignons émincés et le bouquet garni (Persil et Thym). Ajouter les grains de poivre, les poireaux émincés, les patates douces et les navets pelés et coupés en morceaux. Ajouter les cives finement hachées, le cidre, le vin blanc, Sel et Poivre. Laisser mijoter 30mn à couvert. (S. Clément indique 20mn mais les légumes m'ont paru encore assez durs).
Nettoyer les champignons à l'eau vinaigrée et les faire dorer dans une poêle avec le beurre. Réserver. Ajouter les morceaux de poissons dans la cocotte et laisser pocher 6mn à découvert. 6mn exactement...C'était parfait. Pour la cuisson du poisson, si délicate, je ne prends pas trop d'initiatives...
Pendant ce temps, prélever la pulpe des maracudjas et la mélanger à la crème liquide et aux jaunes d'oeufs.
A l'aide d'une écumoire, retirer poisson et légumes. Réserver. Faire réduire de moitié le jus de cuisson puis en prélever une louche pour lier la crème aux maracudjas. Reverser le tout dans la cocotte. donner un tour de moulin à poivre et laisser mijoter en remuant sans laisser bouillir. La sauce épaissit doucement. Remettre les légumes (navets, patates douces) et le poisson. Ajouter les champignons sautés. Parsemer de persil ciselé et servir avec des tagliatelles fraîches si vous avez des marins à table (sinon les patates douces suffisent).


Ce genre de plat n'est pas très photogénique (hormis pour le photographe du livre;-)) et j'étais déçue de n'avoir trouvée que des patates douces à chair blanche. Ca manquait de couleur comme le temps qui était bien gris pour cette première journée de championnat...mais pas de saveur.

Sunday, November 16, 2008

La Solo - Yes, she did...

Cela faisait un petit bout de temps qu'elle y pensait. Elle avait essayé de se préparer le mieux possible. Les copines l'avaient aidée. Elle n'était pas très sûre de pouvoir envoyer le spi, seule comme ça sans pilote. Avec les grains tombés le matin, le vent annoncé à 25 noeuds, elle s'est même dit qu'elle prendrait deux ris. Pour rien casser. Par sécurité, que l'équipage puisse continuer à naviguer tout au long de l'année. Seule sur le bateau, c'est juste une fois, sinon elles sont 7, les filles. Et la saison n'a pas encore commencé. Et puis elle a retrouvé les vieux briscards sur le plan d'eau... ma Puce, cru 92. Eux aussi craignaient de s'envoler... Certains ont même renoncé.


Voilà, on y était. Le départ était donné pour cette régate en solitaire. Elle avait juste à le faire, le mieux possible. Elle l'a fait, tout propre, beau, bien ordonné. Sans précipitation, quelque chose d'élégant. Infiniment serein. Ca paraissait facile. Ca paraissait seulement. Elle est arrivée juste avant la nuit.
Fatiguée, affamée, des étoiles au fond des yeux.
Je raconte ça parce que je suis fière d'elle. Elle m'épate. On ne dit jamais assez ce genre de choses à ses enfants. Qu'on les aime, qu'ils vous portent. Je raconte ça parce que c'est ce qui fait de la Voile un sport à part, qui me plait. Une même régate pour tous, ensemble, les vieux, les jeunes, les gars et une fille.
Elle était affamée,
elle s'est jetée sur le Chili d'Espadon

et encore plus fatiguée.
La dernière bouchée avalée, elle dormait.

Chili d'Espadon.
J'ai déjà raconté un Chili de Thon que fait Sylvie Clément de Tendacayou. J'avais trouvé de l'espadon et j'avais envie de ce genre de plat qui va bien au retour de régate. Il faut que ça soit déjà prêt, juste à réchauffer, on a faim, on a froid (oh oui, rigolez pas on a froid), on veut dormir. Faut pas traîner.
En fait je ne devrais pas dire Chili car il n'y a pas de poudre de chili mais du cumin et un peu de paprika. Il n'empêche que l'on retrouve les mêmes parfums, le feu en moins.
800g d'espadon frais coupé encubes.
3 poivrons rouges ou 2 paquets de poivrons grillés surgelés.
1 filet de citron vert
1 oignon violet
3 gousses d'ail
2 c à café de cumin
1 c à café de paprika
300 g de tomates cerises
2 c à soupe de sucre de canne
3 c à soupe d'huile d'olive +1
Sel, Bois d'inde ou mélange 5 baies
Branches de Thym
500g de haricots rouges
3 grains de bois d'inde
qq cives
2 gousses d'ail
1 bouchon de liège
2 c à soupe d'huile d'olive.
A préparer la veille. Et donc l'avant veille, faire tremper les haricots dans l'eau froide. Le chili ne s'improvise pas. On y pense avant, longtemps avant.
Dans l'huile d'olive, faire revenir les cives hachées, les gousses d'ail écrasées. Puis jeter les haricots égouttés et couvrir avec de l'eau. Ajouter bois d'Inde, thym. Et laisser cuire 2 heures. On dit de mettre un bouchon de liège pour que les haricots soient tendres.Je n'ai pas l'explication. Et surtout pas de sel.
Pendant ce temps faire griller les poivrons et retirer la peau. Ca, c'est pour les puristes.On peut aussi utiliser 2 paquets de poivrons grillés surgelés du LP ou Mr.P.; dans les deux cas, on retire la peau et on mouline...


Mélanger les cubes d'espadon aux poivrons moulinés. Ajouter un filet de citron vert. Réserver au frais.
Dans 2 c à soupe d'huile d'olive, faire revenir l'oignon violet coupé fin et l'ail écrasé. Ajouter les cubes de poisson et laisser colorer.

Verser le reste de purée de poivrons , les épices. Bien mélanger avant de verser les tomates cerise lavées et coupées en deux. Laisser mijoter 30mn à feu doux puis ajouter les haricots rouges. Rectifier l'assaisonnement . Poursuivre la cuisson à couvert 30mn. Ajouter 2 c à soupe de sucre de canne , un filet d'huile, 2 branches de thym et enfourner la cocotte.

Laisser cuire 1h30 à 180°C.

Ca prend du temps...
C'est caramélisé....
Ca dégouline de partout...
Ca sent bon...
C'est top.

Wednesday, July 16, 2008

Le lapin et le marin

Quand il était petit, le nounours expliquait à sa grand-mère qu'il ne fallait pas l'appeler "mon lapin" ....Pfft, évidemment, c'est un nounours...! Nan! Parce qu'une fois sur le bateau, ça lui échapperait et on risquait gros!!! L'adorable grand-mère s'efforça de supprimer le diabolique surnom de son esprit non pas qu'elle pensa, un jour, fouler le pont d'un navire mais native de Lusignan et élevée dans la légende de la Fée Mélusine, elle savait ce qu'il en coûtait de transgresser les interdits....

Crédit photos : Bretagne-Lapins
J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les relations tumultueuses entre le marin et le lapin (clic). Relations qui ont l'air de s'arranger depuis que les coques sont en plastique et il n'y a guère semble-t-il que les anglo-saxons qui perdent leur flegme à ce sujet et mon tendre mais chut!!!.
Le marin a pas mal de fixettes ...les cordes, les femmes...ne pas appareiller un vendredi, mettre une pièce sous le mât, les albatros, siffler, j'en passe. Je suis plus sensible à celle qui consiste à ne pas débaptiser un bateau sans accomplir un rituel.
Un bateau a -t-il une âme, certains pensent que oui, y compris les anglais qui n'utilisent pas le pronom impersonnel "it" (celui des objets) mais his ou she..
Et les croyances veulent
que l'on ne change pas le nom d'un bateau pour ne pas s'attirer les foudres de Neptune, ou alors si l'on veut le faire., il faut tuer le macoui!
Le macoui est le sillage du bateau, celui qui le suit tout au long de sa vie, tel un serpent. Tuer le macoui c'est couper le sillage au plus près de la coque pour permettre au bateau de démarrer une nouvelle vie. Le rituel veut que l'on sorte au large accompagné d'un bateau ami qui va traverser par 3 fois le sillage. Certains n'hésitent pas à dire qu'il faut saoûler le macoui et verser de l'alcool par l'arrière du bateau. Evidemment les marins se servent au passage!!!
D'autres pensent que le macoui est le serpent et qu'ainsi un bateau ne peut avoir deux serpents qui le suivent sans que cela ne provoque disputes, bagarres et autres fortunes de mer.
Des années plus tard, le nounours trouve ses "quimboiseries" ridicules...Il n'empêche qu'il n'a pas voulu de mon lapin . Un lapin persillé à la moutarde verte présenté en terrine. Il aurait pu dire que la couleur ne l'inspirait pas, Nan! il a dit qu'il ne mangeait pas de lapin carré...
Je ne suis pas aidée, il n'y a pas si longtemps devant un lapin entier rôti à l'ail, ça poussait des cris désespérés en hurlant que ça ressemblait trop à un doudou!! Faudrait savoir!


Lapin carré...
Lapin dans le carré?!....
Je dis ça... Je dis rien!


Lapin persillé à la moutarde verte
4 cuisses de lapin

1 carotte
1 oignon
1 poireau

1 botte de persil plat
4 c à soupe de moutarde verte à l'estragon (J'ai utilisé celle au poivre vert)

3 échalotes
1/2 sachet de gelée de Madère (J'ai remplacé par de l'agar-agar)
5 cl de vin blanc (J'ai mis de la bière )
2 feuilles de laurier (pour moi des feuilles de Bois d'Inde)
2 branches de thym

Sel, poivre
Réunir dans une cocotte les cuisses de lapin, l'oignon épluché, la carotte, le blanc de poireau, la bière, le thym et le bois d'Inde et 1/2 l d'eau. Saler, poivrer et cuire à couvert et feu doux durant 1h. C'est sensiblement le même principe que le lapin en gelée de belle Maman. Pendant ce temps, eplucher et hacher finement les échalotes, ciseler le persil. Ajouter à la moutarde. Désosser le lapin cuit. Laisser réduire de moitié le bouillon et filtrer. Ajouter l'agar-agar préparé selon le mode d'emploi (J'ai mis 2g) et laisser bouillir 30 secondes. Verser sur la moutarde et bien mélanger. Rectifier l'assaisonnement si besoin et incorporer les morceaux de Lapin. Mélanger et verser dans un moule à cake siliconé ou parcheminé. Laisser prendre au réfrigérateur durant 12h. Servir avec des toasts chauds. J'ai proposé les blinis!! Avec l'agar-agar , la préparation prend en moins d'une heure.
Cette recette est extraite du Saveur n°156, comme celle des blinis aux courgettes. Il proposait de servir ce lapin en ramequin individuel. Je ne voyais pas trop l'intérêt. En le goûtant, j'ai compris!! Il ne s'agit pas du tout d'une texture de gelée . A cause de la moutarde probablement, on a une impression beaucoup plus soyeuse presque mousseuse qui peut très bien convenir servie dans des ramequins. On pourrait presque le savourer à la cuiller en éminçant finement les morceaux de lapin. C'était vraiment excellent et mon tendre et cher, après avoir vérifié qu'il était bien sur la terre ferme, s'est régalé.


Sunday, June 8, 2008

Rien n'est plus beau...

...que les mains d'une femme dans la farine.. Vous connaissez? Nougaro, of course.

C'était prévu depuis longtemps de tenter à nouveau de faire du pain. On réussit son pain quand on maîtrise les trois étapes fondamentales que sont pétrissage, fermentation et cuisson. A la lecture des "Secrets de la Casserole"de Hervé This, j'ai enfin compris pourquoi soit mon pain était bien souvent compact et trop cuit soit tout mou après avoir pourtant pris un joli volume. On y apprend l'importance de la température de cuisson et de cet équilibre à trouver pour permettre aux gaz emprisonnés de gonfler le pain avant que le réseau de protéines ne se rigidifie (réaction de Maillard). Ca, il me semble que j'ai compris comment ça marchait. C'est déjà pas si mal et j'ai encore beaucoup de choses à comprendre sur la fonction du pétrissage et les difficultés liées à la fermentation. Parce que je suis comme ça, si on me dit, si je visualise (rien moins!!) que pétrir c'est aligner les protéines, démêler les pelotes, je peux le faire sinon on a vite envie d'arrêter ou alors on y est trop bien et ce n'est pas top pour l'élasticité. Pour aujourd'hui, j'ai préféré me laisser guider par Vanessa de Confiture Maison qui explique pas à pas sa méthode pour faire un pain complet sans pétrissage.


Elle a fait plusieurs tentatives avan
t de nous livrer sa méthode et c'est vraiment une grande chance d'être tombée sur son blog, une fois par hasard!!! J'étais quand même un peu inquiète pour la température ambiante car la Martinique c'est pas le Minnesota...Elle préconise entre 19 et 22°C, je ne sais pas trop combien il y avait dans ma cuisine la nuit dernière, sûrement 4 ou 5 ° de plus. J'avais donc prévu de réduire le temps de fermentation, soit 10h au lieu de 12 à 18 proposées.
Par contre, je n'ai pas porté assez d'attention sur la quantité et la qualité du levain. J'avais un paquet de levain bio de blé (fermentescible) mais pas de levain naturel liquide.
J'ai bidouillé une règle de 3 pour respecter l'apport hydrique sans prêter plus d'intérêt que ça à ses mises en garde sur la quantité de levain à apporter. J'ai donc respecter les proportions inscrites sur le paquet soit 43g de levain pour 1 kg de farine... Un peu trop ,il me semble, au vu de l'état du plan de travail à mon réveil..........De même, je n'ai appris qu'au moment de la cuisson ce que signifiait fermentescible ...mais j'y reviendrais. Et oui, ami lecteur, il te faudra me lire jusqu'au bout!!
Bon, allez assez de blabla, au boulot.

Pain complet au levain sans pétrissage
selon Vanessa de Confiture Maison, mais réalisé par Cuisine Framboise.....
660g de farine complète bio T150
340g de farine blanche bio T65

42g de levain bio de blé (fermentescible)
950ml d'eau
20g de sel marin
Grains de Pavot
Pourquoi autant , vous demandez
-vous pour une première?!. Si vous m'avez déjà lu, vous savez que j'ai horreur des paquets entamés. C'était le cas pour ce paquet de levain qui convenait pour 2 kilos de farine. Déjà utilisé à moitié, c'était impossible pour moi de le subdiviser à nouveau, au dessus de mes forces...Je sais, c'est idiot car j'aurais, ainsi, pu faire deux essais mais tout le monde a le droit à ses TOC, nan?
J'ai donc mélangé les farines et le levain et verser l'eau additionnée du sel dessus. j'ai attendu 10 mn environ que l'eau humidifie bien la farine. This explique que qu'une bonne hy
dratation favorise l'action des enzymes et qu'ainsi il y aura plus de maltose libéré. Et plus il y a de maltose à consommer , plus les levures dégagent du dioxyde de carbone qui fait lever le pain. Après ce temps de repos, j'ai mélangé à la cuiller en bois. La pâte était assez collante et fluide. J'ai couvert d'un torchon. Il devait être 20h. J'ai l'habitude de me lever tôt et vers 5h, je ne vous raconte pas le spectacle d'une pâte s'échappant de partout. Je n'ai pas eu le réflexe de prendre des photos, j'ai procédé comme chaque matin et me suis préparé un bon café. Une fois les idées en place, j'ai fariné un plateau et mes mains et me suis lancée dans le sauvetage du pâton. Le volume était tellement conséquent que j'ai séparé la pâte en 2. Pourquoi? Parce que la cuisson se fait en cocotte et il ne fallait pas avoir une trop grosse boule, une fois levée.
Après avoir repliée une des moitiés de pâte sur elle même, plusieurs fois,, je l'ai déposée sur le plateau et l'ai laissée reposée 15mn. Après ce temps, je l'ai façonnée, en lui donnant une forme allongée. Quelques entailles sur le dessus. J'ai recouvert d'un torchon fariné et l'ai laissée fermenter durant 2h.

Pour l'autre partie, j'ai suivi la méthode de Vanessa en formant une boule. pour cela ,il fallait ramener les bords vers l'intérieur en dessous. Du dessus on a une jolie sphère bien farinée et en dessous les bord repliés se joignent pour former "La Clé" qui permet à l'air de s'échapper si j'ai bien compris. On recouvre d'un torchon fariné et on laisse fermenter 2h. 30mn avant la fin, on place une cocotte et son couvercle à côté dans le four au moment du préchauffage à 230°C. Au bout des deux heures, on soulève délicatement la boule de pâte que l'on place retournée dans la cocote chaude et farinée . La clé est alors au dessus. Fermer la cocotte avec le couvercle et faire cuire 30mn à 230°C puis retirer le couvercle et laisser dorer 5mn.
Dans cette version, au moment du façonnage de la boule j'ai versé quelques graines de pavot.
Une fois ce pain cuit, j'ai placé le second pâton allongé sans le manipuler p
lus et l'ai fait cuire 20mn à 230°C puis 15mn à 150°C car je trouvais que la surface brunissait trop vite. C'est en allant sur le blog de Papilles pour voir comment elle procédait pour cuire le pain que j'ai trouvé son explication sur le terme fermentescible. (C'est vraiment une mine d'infos, le blog d'Anne!). Il s'agit donc d'un levain de blé inactivé associé à de la levure mais on ne dit pas dans quelles proportions.
Bon , et alors le résultat? Pas mal, je dirais. Mes pains
ne sont pas aussi bô que ceux de Vanessa, mais je trouve qu'il y a une nette amélioration.

La tribu les a trouvés particulièrement savoureux,sans aucune acidité.


Il faut que j'améliore la qualité de la croûte pas assez craquante
à mon goût et la mie do
it être plus aérée dans sa partie inférieure
mais dans l'ensemble, le résultat est encourageant
et me donne envie de replonger mes
mains dans la farine.

Merci à Vanessa de nous faire profiter de son savoir-faire.




Monday, May 12, 2008

Les touristes

Quand on habite un coin paradisiaque où il fait toujours chaud, forcément on a de la visite toute l'année. Au début, jeune et jolie, les enfants petits, on est de toutes les sorties des Salines à la Pelée, le planteur coule à flot et l'on ne compte plus le nombre d'accras de morue frit. Plus d'une décennie après, vous laissez vos habitués aller se faire griller au soleil sans vous, vous saluez d'un petit signe cette bonne vieille Pelée et vous ne vous sentez plus obligés de cuisiner créole si vous n'en avez pas envie. Parce que la copine depuis le temps, elle le fait aussi bien que vous le Colombo et à Belleville, elle a tout ce qu'il faut alors!!...Alors, on imagine un dîner en rose et vert.

Curry vert de crevettes
500g de crevettes moyennes de Guyane
2 aubergines
500ml de lait de coco non sucré
Le jus d'un citron vert
3 c à soupe de
pâte de curry vert
1tige de citronnelle
2 piments végétariens
3 feuilles de combava
3 c à soupe d' huile de pépins de raisin.
Coriandre ou Basilic frais

Décortiquer les crevettes et les faire mariner dans le jus de citron avec la valeur d'une c à soupe de curry vert. Dan
s une sauteuse ou un wok (enfin moi j'ai pris ma petite cocotte grise), faire chauffer l'huile et verser 2 c à soupe de curry vert. Il faut bien le faire revenir et verser petit à petit le lait de coco. On prend son temps de façon à ce que le curry se mélange bien et exhale tous ses parfums. Puis ajouter les aubergines coupées en quartier ( justes lavées et extrémités retirées), les feuilles de combava*et la tige de citronnelle. Laisser cuire à feu doux 15mn en évitant de faire bouillir le lait (enfin moi j'aime pas!). Terminer la cuisson en ajoutant les crevettes et leur marinade. Ajouter 2 piments végétariens coupés en rondelles et des feuilles de coriandre ou basilic frais.

* J'avais point de feuilles de combava j'ai donc pris de jeunes feuilles de mon citronnier ti-punch.

Je trouve ma pâte de curry auprès d'un restaurant thaïlandais de l'île, La case Thaï, un endroit magique, caché dans les champs de canne à sucre, où l'on peut déguster différents curry jaune, rouge ou vert entouré de lotus et d'orchidées. Mais je sais
qu'on peut le fabriquer soi-même assez facilement. Ici, par exemple.

Et pour le rose...

parce que vous le savez si vous me lisez de temps à autre, j'ai toujours chez moi du chocolat et des framboises...

Tarte choco-framboise
Pâte sablée au sucre :
200g de farine T65
150g de beurre
1 oeuf
80g de sucre glace
Fleur de sel
200g de chocolat dessert

20cl de crème fleurette
2 oeufs
250g de framboises (surgelées)

Pour la pâte je me suis inspirée de celle d'Amuses-bouche. (J'ai déjà eu l'occasion de faire sa tarte choco-framboise en suivant scrupuleusement les indications, ce fût une réussite.)
Travailler le beurre mou avec le sucre glace. Battre l'oeuf avec la farine. Incorporer la fleur de sel (Ca, c'est un truc de Hermé pour avoir une pâte croquante). Mélanger tous les ingrédients et former une boule lisse sans trop pétrir . Placer au frigo. Pour étaler la pâte facilement il faut la placer entre deux feuilles de papier sulfurisé et l'étendre très rapidement pour qu'elle reste froide. Sinon ça colle, c'est une vrai galère. Ne pas hésiter à remettre au frais!! Ou utiliser une bouteille remplie d'eau glacée en guise de rouleau.
Comme vous êtes écolo, pendant le préchauffage du four à 170°C, vous avez placé le chocolat et le crème fleurette dans un saladier supportant le four. Il faut évidemment surveiller mais ça se passe bien .
Retirer et mélanger vigoureusement, ajouter les deux oeufs et 150g de framboises réduites en purée. Laisser refroidir.
La pâte enfin étalée, mettre des haricots et laisser cuire environ 15mn. Retirer les haricots. Verser la ganache et poser le reste des framboises (les plus belles qui auront gentiment décongelées) ou mieux des fraîches. Remettre à cuire 30mn. Laisser refroidir. Saupoudrer de sucre glace et réserver au frais.
Il m'est arrivé de faire ce dessert avec une pâte industrielle feuilletée pur beurre, ça le fait aussi....

Et à 17h00, on troque le planteur pour un thé....

Sunday, April 20, 2008

Une vieille histoire

Le chili et moi, c'est une vieille histoire. Cela a commencé, il y a environ 25 ans. De temps en temps, jours de fête, je lâchais resto U et fast-food pour le Rosebud Bar, rue Delambre , Quartier Montparnasse. On y servait dans des bols, un chili con carne à tomber à la renverse avec des tartines beurrées pour calmer le feu et accessoirement, un petit verre de mezcal. J'ai commencé à en préparer avec des morceaux de gîte coupés en dés. Et j'ai pris l'habitude de faire cuire longtemps pour attendrir viande et haricots. (J'avais une difficulté avec les haricots que je ne trouvais jamais aussi fondants qu'au Rosebud).
Années 90, manger mexicain est devenu très tendance, les recettes se multipliaient souvent à base de viande hachée et ça me plaisait bien. On m'a enfin appris, ici en Martinique, à faire cuire correctement les haricots rouges pour qu'ils soient fondants tout en gardant une certaine tenue et ma recette est désormais au point. Je suis inflexible, je ne veux pas entendre parler de haricots en boîte ni d'auto-cuiseur.
Impensable d'en faire un sur un coup de tête, d'abord, faut mettre les haricots à tremper la veille!
Après c'est assez simple. Il n'y a pas à retirer...remettre...réserver...déglacer...que sais-je encore! Juste ajouter un à un les ingrédients en prenant son temps. L'esprit est libre. On réfléchit. Le chili cuit. (Pour moi, au moins une dizaine d'heures). Dans un roman de Djian, le héros sorti d'un tourbillon infernal, se prépare un chili. Faut juste éviter que ça attache, écrit-il. J'aime bien cette idée de calmer le jeu en surveillant son chili. Il sera encore interrompu une dernière fois et reviendra à son chili.

Mon Chili con carne
4oog de steak haché
500g de haricots rouges
3 oignons

2 poivrons
4 tomates
2 gousses d'ail
Sel, poivre
Bois d'Inde en grains
Thym, laurier
Poudre de chili


La veille, mettre les haricots à tremper. Je dois dire que je trouve les haricots bio bien meilleurs.
Le lendemain, rincer les haricots et les mettre à cuire dans un grand volume d'eau froide avec un oignon épluché, entier, les gousses d'ail épluchées, 2 ou 3 grains de
bois d'inde (à défaut poivre), thym et laurier. Surtout pas de sel et si vous avez un bouchon de liège... Laisser cuire 1h30.
Faire griller au four les poivrons , retirer la peau, couper en petites lanières.
Dans un cocotte, verser un peu d'huile et faire revenir 2 oignons émincés. Ajouter le steak haché, remuer, laisser cuire doucement puis ajouter les poivrons. Laisser cuire tout doucement.
Pour retirer la peau des tomates, c'est très simple. Retirer le pédoncule et faire une fente au couteau en croix sur la partie opposée. placer les tomates dans un plat et couvrir d'eau bouillante, laisser 30 secondes. Refroidir à l'eau . la peau se décolle toute seule.
Une fois pelée, les couper grossièrement (inutile d'épépiner) et les mettre dans la cocotte. Saler et ajouter la poudre de chili selon le goût. Bien mélanger. Couvrir et laisser cuire à feu doux 1h avant d'ajouter les haricots égouttés (enfin plus ou moins selon les préférences). Mélanger, couvrir, baisser le feu et vivre sa vie en veillant à ce que ça n'attache pas.

37°2, le matin débute ainsi :
Ils avaient annoncé des orages pour la fin de la journée, mais le ciel était bleu et le vent était tombé. Je suis allé jeter un oeil dans la cuisine pour vérifier que les trucs collaient pas au fond de la casserole, mais tout se passait à merveille.....



Sunday, April 13, 2008

Après les grains


Ce n'est pas très raisonnable parce que je ne les supporte pas vraiment mais j'aime tellement les crevettes de Guyane que j'ai craqué... d'autant que Brigitte de Café Créole proposait une recette plutôt sympathique. Aussitôt achetées..(surgelées, Nan! Personne n'est venue en mobylette, taper à ma porte!), je les plongeai dans une marinade en attendant de les faire cuire en blaff.
Mais la pluie avait l'air de s'installer pour un "p'titmoment", et je pensai à la tribu là-bas sur l'eau, dans le grain.. Vous les apercevez, les petites coques de noix?...
En les voyant congelés comme les crevettes..(Si! Si! même en Martinique et surtout depuis si longtemps, on a froid des jours comme celui-ci.), j'ai finalement opté pour une soupe avec ce que j'avais sous la main : de la poudre saté et des vermicelles de riz.


Soupe saté aux crevettes
800g de crevettes de Guyane

3 c à soupe de poudre saté
2 c à soupe de sauce soja
2 c à soupe de lait de coco non sucré (ou de crème fraiche semi-liquide)

1 paquet de vermicelles plats de riz
Persil
3 cà soupe d'huile de pépins de raisin
Pour la marinade :
1 paquet de cives ou 2 échalotes
3 gousses d'ail
2 piments végétariens
Le jus de 4 citrons verts

Grains de Bois d'Inde (à défaut mélange 4 baies)
2 branches de Thym
Brins de persil
Sel
Eau

Préparer la marinade avec tous les ingrédients. Plonger les crevettes encore surgelées et couvrir d'eau.
Réserver au frais quelques heures ou jusqu'au lendemain.
Décortiquer les crevettes. Filtrer la marinade. Réserver.
Plonger les vermicelles dans l'eau bouillante et couvrir.

Dans une cocotte, faire revenir les crevettes dans l'huile chaude pendant 5mn en remuant sans cesse puis ajouter la poudre saté et la sauce soja. Bien mélanger. Ajouter la marinade additionnée d'eau pour qu'il y est un bon volume de liquide. Egoutter les vermicelles ramollis et les ajouter à la cocotte. Laisser cuire à feu doux. Ajouter lait de coco ou crème fraîche. Rectifier l'assaisonnement. Normalement c'est déjà pas mal salé.
Disperser un peu de persil.
Servir avec baguettes chinoises et cuiller à soupe.

Encore un Best of Top!!
Pour un essai, j'ai retrouvé toutes les impressions ( senteurs, saveurs) de cette soupe (pho en vietnamien) que
j'avais l'habitude de commander dans une "cantine viet" de la rue Louis Bonnet à Belleville. Il manquait peut-être la citronnelle.




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